Culture générale et programmes scolaires

Publié le par cassiano

Lorsqu'à la fin du lycée, vers 18 ans, les futurs universitaires ont acquis leur diplôme (baccalauréat ou autre), on peut estimer qu'ils devraient avoir atteint une amplitude maximale en termes de culture générale. En principe, plus jamais au cours de leurs vie, ils ne possèderont autant de connaissances sur des sujets aussi variés, des mathématiques à la littérature, en passant par l'histoire et la chimie. L'"honnête homme" continuera de se cultiver, mais au gré de ses goûts et besoins, avec une inévitable spécialisation.

 

Le bachelier aura alors des notions sur l'existentialisme, le théorème de Thalès, le prétérit du verbe "müssen", l'ADN et les étapes de la décolonisation en 1966. Peut-être sera-t-il même capable de lire Virgile dans le texte ou maniera-t-il le calcul intégral. On lui aura probablement appris, en outre, que le racisme est une mauvaise chose, que l'hygiène est importante, qu'il ne faut pas manger trop gras ni trop sucré et qu'homme et femmes sont égaux (voire qu'il n'y a pas à faire cette distinction : L'idéologie du "gender" ).

 

Mais... saura-t-il distinguer, dans le ciel, la Grande Ourse de la constellation d'Orion ? Saura-t-il quelles sont les étapes de la culture du blé et de la fabrication du pain ? Saura-t-il différencier un hêtre d'un frêne ? Lui aura-t-on appris à lire les notes de la gamme et à reconnaître Mozart , Bach ou Beethoven ? En visitant un musée, serait-il capable de reconnaître, au premier coup d'oeil, les toiles du Lorrain, de Corot, et de faire la différence, en les datant, entre un chapiteau roman et un chapiteau gothique ?

 

Oui, il aura acquis cette culture,  s'il a eu un bon instituteur, qui enseignait ce qu'on appelle les "realia", dans les "leçons de choses". Mais pourquoi l'astronomie, la botanique, la musique et l'histoire de l'art seraient-elles reléguées au temps de l'enfance ? Il est vrai que, comme le latin et la poésie, elles ne sont pas utile au futur travailleur-consommateur, et qu'en favorisant sa rêverie future, elles tendent à le rendre dangereusement libre et contemplatif.

 

D'autres notions encore devraient faire partie du bagage de l'honnête homme : ainsi, connaître la différence entre droit civil et droit pénal, savoir le fonctionnement de la Bourse ou encore connaître les principaux dogmes et traits culturels des grandes religions de l'humanité, et en particulier, pour les pays européens, du christianisme. Car si nul ne doit être forcé d'entrer dans une église, nul ici ne devrait être forcé d'y entrer comme un analphabète culturel, privé des racines de sa propre civilisation.

 

Pour que les bacheliers possèdent la culture de l'"honnête homme", il faudrait peut-être, d'abord, que leurs enseignants en soient, et qu'ils aient été moins gavés de pédagogie et d'idéologie.

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article