Lundi 24 octobre 2011 1 24 /10 /Oct /2011 08:44

En Irak, la « croisade » emmenée par Bush Jr. et consorts a eu comme principal effet, outre le départ de Saddam Hussein, une quasi éradication de communautés chrétiennes implantées depuis près de deux mille ans dans la première patrie d’Abraham.

 

En Egypte, la fin du régime Moubarak n’a pas mis fin aux incendies d’églises et aux violences extrêmes, provenant de la foule ou des forces dites de l’ordre, à l’encontre de la minorité religieuse copte.

 

En Libye, qu’a trouvé de mieux le nouveau leader porté au pouvoir par la grâce des bombardements occidentaux ? L’annonce de la fin d’une des lois de Kadhafi allant dans le sens des droits de l’homme et d’une modernisation du droit, à savoir l’interdiction de la polygamie et l’autorisation du divorce. Pourquoi ? Au nom de la charia. Ce n’est pas une surprise : cf. Après la tyrannie, charia et droits de l'homme ?

 

Et que se passera-t-il dans la Tunisie libérée de Ben Ali, dont le droit matrimonial, notamment, est encore l’un des plus progressiste du monde arabe ?

 

Et quelles évolutions peut-on attendre, craindre ou espérer en Syrie ?

 

L’une des mesures les plus intelligentes que le reste du monde aurait pu prendre, pour botter en touche un dangereux courant au sein du monde arabe, aurait été de soutenir l’Autorité palestinienne (contre le Hamas), précisément maintenant. Les Etats-Unis, en bloquant la reconnaissance onusienne d’un Etat palestinien, font perdre à la communauté internationale une chance importante d’éviter le pire au sud et à l’est de la Méditerranée. Aux portes d l’Europe.

 

Puisse le printemps arabe ne pas être suivi par un hiver islamiste !

Par cassiano - Publié dans : Diplomatie - Communauté : Le Club des Citoyens
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Mardi 20 septembre 2011 2 20 /09 /Sep /2011 08:32

L'expression sonne mal : les "privilèges et immunités" diplomatiques ou autres. L'époque n'est pas au respect de certaines zones qui échappent au pouvoir de l'Etat ou à celui de la foule entraînée par les uns ou les autres.

 

A Téhéran, l'Ambassade des Etats-Unis a été occupée en 1979, avec à la clef une longue prise d'otages. Puis à nouveau, en 2006, saccage de l'Ambassade du Danemark... et les Etats de l'UE n'ont même pas décrété le rappel de leurs Ambassadeurs. Les Ambassades ont été à nouveau l'objet d'attaques en 2011, au Caire (Ambassade d'Israël) ainsi que plus tôt, à Tripoli. Des diplomates sont assassinés à Kaboul et ailleurs dans le monde.

 

Or, il faut le rappeler, le fait que le représentant officiel d'un autre gouvernement soit intouchable, sur le territoire d'un autre Etat, même (et surtout) "ennemi", c'est une loi vieille comme la civilisation. Cette règle a prouvé que son respect était indispensable pour abréger les guerres et les crises. Une règle évidente, en deçà de laquelle commence la barbarie.

 

Il faudrait que la communauté internationale et, avec elle, les média, réapprennent le caractère gravissime de l'atteinte au drapeau blanc, au pavillon de celui qui est là pour parlementer. On peut l'expulser, mais on ne doit pas l'attaquer. On peut fermer une Ambassade, mais on ne peut pas l'occuper, la fouiller, la piller. Face à de telles atteintes, la réaction doit être rapide, unanime et sans la moindre ambiguïté.

 

L'immunité et les privilèges sont aujourd'hui toujours moins le fait du droit (le droit des Etats, des peuples représentés par un diplomate ou un chef d'Etat) mais celui de l'argent et de la force. Un chef mafieux peut, en principe, s'en tirer. Qui a les moyens de s'évader fiscalement et physiquement peut se mettre à l'abri de toute poursuite. L'immunité s'achète à coup d'avocats et de gardes privés.

 

L'une des terribles leçons de l'affaire DSK aura été que ce ne sont pas ses fonctions à la tête du FMI qui l'auront protégé d'accusations éventuellement abusives, mais l'argent de son épouse : logement de luxe, avocats de luxe, campagne médiatique, contre-enquête.

Qu'aurait-on dit si le Président de la Banque mondiale avait été arrêté à Pékin sur la base d'accusations d'une caporale de l'Armée chinoise ? ou à Téhéran sur la base de la confession d'une femme de chambre afghane ? Les immunités servent aussi à cela, protéger ceux qui exercent des fonctions importantes non du châtiment et du jugement, mais de l'abus des autorités locales.

Par cassiano - Publié dans : Droit et société - Communauté : Le Club des Citoyens
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Mardi 20 septembre 2011 2 20 /09 /Sep /2011 08:28

En 1964, René Etiemble dénonçait l’envahissante contamination de l’anglais dont était victime langue française : les attaques visibles et plus insidieuses, avec des ennemis extérieurs et intérieurs. Le tout, alimenté par un snobisme bête et alimentant un recul de la culture.

 

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Certaines lois intelligentes ont été mises en œuvre, comme celle qui force à traduire, moyennant un astérisque, les expressions anglaises utilisées dans la publicité. Une très bonne chose, qui inverse les complexes et le sentiment du ridicule : le non-anglophone ne se sent pas dépassé, et tout le public peut constater l’inanité du « slogan » ainsi démythifié de son aura exotique ou technologique.

 

Certains mots ridicules ont disparu comme ils sont nés. Plus personne ne parle du « freezer » ou du « computer ». Des termes comme « informatique » se sont enracinés et sont même passés dans d’autres langues… y compris l’anglais.

 

Mais un reliquat visible ou sournois des années d’après-guerre demeure. On continue de dire « c’est pratiquement la même chose », en donnant à « pratiquement » le sens de « presque » (practically) et non celui du contraire de « théoriquement ». Le week-end est un acquis social et linguistique difficile à éradiquer. Il y a aussi des surgeons, aussi ridicules que leurs aînés. On parler d’ « implémenter » un plan de mesures pour que nos rues redeviennent « sécures » et l’on s’abreuve d’indigestes smoothies, comme le font les people.

 

On aurait pu espérer que l’approfondissement de la construction européenne aurait freiné l’invasion : il n’en n’est rien, au contraire même. Nonobstant le freinage voire le sabotage historique du seul pays historiquement anglophone de l’Union (le Royaume-Uni ; l’Irlande, Malte et Chypre ne sont culturellement que ses colonies), la langue de cette minorité s’impose insolemment dans les travaux de l’administration bruxelloise.

 

On aurait pu espérer que la calamiteuse présidence étasunienne de George W. Bush aurait utilement servi de repoussoir contre les anglomanes, avec des « freedom fries » et autres attaques contre l’ « old Europe » sans parler de victimes traitées de manière plus brutales. Il n’en a presque rien été, et pour comble de malheur, l’Italie et la France étaient bientôt dirigées par des hommes atlantistes à l’extrême… et doués d’autant d’inculture et de plus de mauvais goût encore que Bush junior.

 

Il faut rester vigilant, relire « Parlez-vos franglais ? » d’Etiemble et peut-être le récrire pour le diffuser !

Par cassiano - Publié dans : Enseignement et culture
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Lundi 19 septembre 2011 1 19 /09 /Sep /2011 21:32

Je crois en faire beaucoup, mais je n'aime pas les "gestes pour sauver la planète".

 

D'abord, si les gestes personnels, surtout ceux qui coûtent, sont la pierre de touche d'une conviction cohérente, il est préférables, dans un monde démocratique et ouvert, de pousser à des décisions (en matière fiscale par exemple : A cause du fisc, les feuilles mortes ne se ramassent plus à la pelle ) et pour ce faire, à défendre vigoureusement des idées claires et fortes.

 

Or, "sauver la planète" est une idée d'apparence louable mais à la formulation contestable. La "planète" finira par disparaître et va probablement survivre à nos existences. Elle n'a pas besoin de salut. C'est l'humanité qui doit être sauvée et ce sont les êtres vivants et l'environnement, le paysage, qui doivent être sauvegardés. Sinon, on s'égare dans le marigot idéologique de l'"hypothèse Gaïa" (cf. "Hypothèse Gaïa" : une dangereuse forfaiture  ).

 

Mais cela n'est pas une raison pour éviter de prendre la voiture et plus encore l'avion (d'ailleurs ,voir : Sécurité aéroportuaire après le 11 septembre 2001 ), pour récupérer les ordures, pour vivre dans une certaine sobriété. Par exemple, plutôt que de bronzer idiot autour d'une piscine en Egypte,  pourquoi ne pas vivre à pied le pèlerinage de Compostelle ou de Rome ? (cf. L'Europe des pèlerins ). Ce sera une démarche salutaire - et pas seulement pour la planète.

Par cassiano - Publié dans : Culture et religion - Communauté : Le Club des Citoyens
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Dimanche 18 septembre 2011 7 18 /09 /Sep /2011 08:25

Lorsqu'à la fin du lycée, vers 18 ans, les futurs universitaires ont acquis leur diplôme (baccalauréat ou autre), on peut estimer qu'ils devraient avoir atteint une amplitude maximale en termes de culture générale. En principe, plus jamais au cours de leurs vie, ils ne possèderont autant de connaissances sur des sujets aussi variés, des mathématiques à la littérature, en passant par l'histoire et la chimie. L'"honnête homme" continuera de se cultiver, mais au gré de ses goûts et besoins, avec une inévitable spécialisation.

 

Le bachelier aura alors des notions sur l'existentialisme, le théorème de Thalès, le prétérit du verbe "müssen", l'ADN et les étapes de la décolonisation en 1966. Peut-être sera-t-il même capable de lire Virgile dans le texte ou maniera-t-il le calcul intégral. On lui aura probablement appris, en outre, que le racisme est une mauvaise chose, que l'hygiène est importante, qu'il ne faut pas manger trop gras ni trop sucré et qu'homme et femmes sont égaux (voire qu'il n'y a pas à faire cette distinction : L'idéologie du "gender" ).

 

Mais... saura-t-il distinguer, dans le ciel, la Grande Ourse de la constellation d'Orion ? Saura-t-il quelles sont les étapes de la culture du blé et de la fabrication du pain ? Saura-t-il différencier un hêtre d'un frêne ? Lui aura-t-on appris à lire les notes de la gamme et à reconnaître Mozart , Bach ou Beethoven ? En visitant un musée, serait-il capable de reconnaître, au premier coup d'oeil, les toiles du Lorrain, de Corot, et de faire la différence, en les datant, entre un chapiteau roman et un chapiteau gothique ?

 

Oui, il aura acquis cette culture,  s'il a eu un bon instituteur, qui enseignait ce qu'on appelle les "realia", dans les "leçons de choses". Mais pourquoi l'astronomie, la botanique, la musique et l'histoire de l'art seraient-elles reléguées au temps de l'enfance ? Il est vrai que, comme le latin et la poésie, elles ne sont pas utile au futur travailleur-consommateur, et qu'en favorisant sa rêverie future, elles tendent à le rendre dangereusement libre et contemplatif.

 

D'autres notions encore devraient faire partie du bagage de l'honnête homme : ainsi, connaître la différence entre droit civil et droit pénal, savoir le fonctionnement de la Bourse ou encore connaître les principaux dogmes et traits culturels des grandes religions de l'humanité, et en particulier, pour les pays européens, du christianisme. Car si nul ne doit être forcé d'entrer dans une église, nul ici ne devrait être forcé d'y entrer comme un analphabète culturel, privé des racines de sa propre civilisation.

 

Pour que les bacheliers possèdent la culture de l'"honnête homme", il faudrait peut-être, d'abord, que leurs enseignants en soient, et qu'ils aient été moins gavés de pédagogie et d'idéologie.

Par cassiano - Publié dans : Enseignement et culture
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